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Anarchy Road

Anarchy Road

Prologue

 
La première route de la Ville. Inaugurée en grande pompe, la route d'une largeur impressionnante et dénuée de toute limite de vitesse ou même sens de circulation fut rapidement rachetée par une entreprise opportuniste. Emprunter la route impliqua alors d'accepter le contrat d'utilisation, et de payer le péage.
 
Quelques années plus tard, Anarchy Road était devenue une voie sans issue. Certains disent que la concurrence d'autres routes lui a été fatale, d'autres blament de trop nombreux contrevenants que la sécurité ne parvenait à contrôler. D'autres encore disent tout simplement qu'il y avait trop peu de monde qui avaient besoin d'accéder à la Ville par le Sud.
 
Anarchy Road est maintenant un des terrains des gangs de jeunes. Une sorte d'arène où se règlent les différends. Si vous arrivez en voiture dans la Ville, ce sera par le tube en verre de la Business Road, terminus Corporate Plaza.
 
Pourtant, la rumeur court dans les communautés d'Eveillés : "l'histoire de la route est un reflet de celle de la Ville, et c'est d'elle que viendra son futur". En pensant à cette allée sombre et délinguée, où le sang du dernier combat luit à la lueur des braséros de fortune, beaucoup y voient une mauvaise augure.
 

 

D'autres y voient ce qu'ils attendent depuis longtemps...

 

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'Tu les vois ceux là ? Bien propres sur eux avec toutes leurs autorisations et tout ça. Encore des "consultants" qui ont mis trois mois à planifier leur coup. C'est dingue : ils sont tous armés. Alors qu'ils vont pas tirer le moindre coup de feu. En même temps, vu ce qui patrouille dans la rue de nos jours je les comprends. Quoique eux, ils sont au même niveau. Ils ont vendu leur cul pour ces foutues nanites. Non franchement, je veux bien mettre des balles Ares dans mon flingue, mais jes les utilise pas pour reprogrammer mon foutu flingue. Tu vois ce que je veux dire ? Enfin je les blâme pas non plus, je ferais sûrement la même chose à leur place. Je peux plus être SOTA... c'est tout. 
 
Et en même temps, vu comment ça a l'air chiant leur boulot, je me dis que c'est pas plus mal. Et le pire c'est qu'ils en sont fiers : des "plans bien ficelés", des "runs sans tirer un coup de feu", "sans laisser une trace". Nous on rentrait par la porte principale et on ressortait en faisant un trou dans le mur du fond. Et pas parce qu'on était moins compétents que ces gamins, hein ! C'était tout simplement plus efficace comme ça. Pas besoin de planifier pendant trois mois, juste besoin de savoir comment retourner cette foutue Ville contre elle même. Et encore, la plupart du temps ça demandait juste de faire du collatéral. Tu mettais suffisamment d'intervenants dans le coup, et tu te retrouvais avec des assurances qui se renvoyaient la balle pendant suffisamment longtemps pour que l'affaire soit oubliée. Bien sûr fallait pas faire ça n'importe comment, hein ! C'est pour ça qu'on était des pros : parce qu'on savait exactement comment foutre la merde de manière optimale. On aurait dû se douter que ça durerait pas. D'ailleurs y'en a plein qui l'ont fait, et qu'on sorti leurs billes à temps. Et puis y'a nous, les vieux cons. Trop vieux pour changer, trop doués pour crever... Jusqu'à ce qu'on puisse plus lutter... 
 
Mais de toi à moi, je suis sûr qu'on a encore un paquet de trucs à leur montrer à ces cons qui s'imaginent nous avoir relégués'
 
 
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'Je pense qu'ils s'en sont pas rendus compte de ce qu'ils faisaient quand ils ont sorti les stormtroopers. Ils s'imaginaient que ça allait faire retomber la pression, mais ça n'a fait que mettre un couvercle au-dessus. C'est sûr, dans un premier temps ça a bloqué, mais en dessous ça a continué à s'accumuler... et ça va finir par péter. C'est pas possible autrement. En plus y'a pas que nous. Y'a qu'à voir comment les Afros ont pris de l'ampleur en un rien de temps ! Et les Banshees, on a beau dire mais pour moi c'est pas qu'une histoire de gang ou de mafia. Même les gamins les rejoignent. Hier encore ils quittaient tous leur gang à la fin du lycée. Mais y'a de plus en plus d'histoires de gamins qui raccrochent pas. Et faut pas oublier ceux qu'ont toujours été là. C'est sûr on en a chié, et je sais qu'ils nous ont toujours à l'oeil. Mais quoiqu'ils fassent, quand ça pêtera ils pourront pas retenir les gars. Ils ont trop subi pour ça.
 
Mais tu vois, pour moi le vrai challenge ça va pas être le grand soir, ça va être le grand lendemain matin. Ne pas se faire bouffer, ne pas se faire encore mener en bateau que ce soit par les mêmes ou par une nouvelle génération d'oppresseurs. Et ne pas non plus se faire dépasser par ceux d'à côté. Faut pas croire, l'unification, l'intersectionalité tout ça une fois qu'on aura fait tomber le vieux monde, on pourra s'asseoir dessus. Ce sera à nous de prendre notre destin en main... et surtout le conserver.
'
 
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'Ouais si ça se trouve je vais crever demain. Ou je vais vivre éternellement. Je m'en fous, je vis, et c'est déjà bien plus que ce que beaucoup peuvent dire. J'ai ma moto, j'ai mes potes, je fais ce que je veux. Et je compte pas m'arrêter. S'ils s'imaginent que je vais rentrer dans le rang, ils vont être déçus. Pour quoi faire ? Prendre une assurance, vendre mon cul aux uns ou aux autres pour avoir le droit de survivre ? J'ai pas besoin de ça, je suis plus fort qu'eux. Pas non plus question que je devienne un Banshee ou que je prenne ma carte au KGB.
 
Je vais tracer ma propre route, et je vais continuer à vivre.'
 
 
 
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La Ville

Histoire

TLDR: 
 
Ville anarco-capitaliste lancée dans les années 30 par un entrepreneur. A connu un essor rapide en dehors de l'influence des corpos montantes. Fut pendant un temps une ville laboratoire sur de nombreux plans, avec pas mal de troubles aussi mais suffisamment de stabilité pour lui permettre de croître. 
 
Dans les années 40, la Ville se structure un peu plus, les corpos arrivent, la plupart des communautés alternatives disparaissent. La Ville devient un gros hotspot au niveau R&D, avec beaucoup de travailleurs temporaires qui y viennent le temps d'un projet. Elle devient en parallèle un paradis pour runners.
 
Le mouvement se poursuit dans les années 50, mais les limites commencent à apparaitre : la population locale est de moins en moins emballée par le trip anarco-capitaliste, d'autant plus que les travailleurs temporaires ont tendance à prendre les postes intéressants et à mener un train de vie exhubérant. Les jeunes générations sont assez désabusées, on commence à voir apparaitre la culture délinquante.
Au début des années 60, ces problèmes prennent de plus en plus d'ampleur. L'essentiel de l'activité de la Ville se fait maintenant dans des enclaves corpos et la population locale, et particulièrement la jeunesse, ne trouve plus vraiment sa place. Diverses communautés contestataires se forment ou se reforment. Les actes violents dans la Ville grimpent d'années en année, qu'ils viennent des jeunes déliquants, des contestataires ou des runners qui sont toujours à plein régime avec une course à l'armement qui fait grimper le collatéral. L'insécurité devient un sujet de préoccupation majeur.
 
En 2065, les corpos profitent de cet état de fait pour imposer une force de police (City Security Forces, gérée par Petrovski Security). Les "stormtroopers" qui la composent bénéficient d'un traitement révolutionnaire à base de nanites qui leur donne un avantage face aux augmentés ordinaires. Les actes de violence diminuent et se décalent vers les quartiers les moins sécurisés. La communauté locale de runners a dû mal à rester dans la course face aux nanités et se font de plus en plus remplacer par des runners internationaux, eux aussi nanités, envoyés dans la Ville pour une mission. La contestation reste toujours là mais devient plus discrète, des réseaux se forment. Seule exception dans cette déséscalade de la violence : l'arrivée en 2068 de Chollima, une elfe Coréenne et de son gang des Bulgae (surnommés les Banshees par la population, suivant la rumueur qui voudrait que Chollima en soit une) qui a remis en cause la domination de la mafia Russe du KGB (Kolmogorov Global Businesses) via une campagne très aggressive et meurtrière.
 
Nous sommes maintenant en 2070. Les runners survivants sont pour l'essentiel des vétérans has-been qui survivent de petits boulots. Le CSF réussit tant bien que mal à contenir la violence à l'aide d'une montée en gamme sécuritaire mais semble perdre du terrain dans les quartiers les plus chauds, tandis que les mouvements contestataires, plus organisés que jamais, n'attendent que la bonne opportunité pour agir.
 
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Version longue :
 
1. Le lancement de la Ville
 
L'histoire communément admise et qui n'est probablement pas si loin de la vérité place la création de la Ville en 2032, alors que les cartes sont en train d'être rebattues, mais que le jeu n'est pas encore totalement distribué. Le monde est toujours dans le chaos de la crise de 29, et l'avenir est incertain. D'un côté des initiatives qui laissent apercevoir un nouveau monde, de l'autre la première Euroguerre qui bat son plein. Pour ceux qui en ont les moyens, c'est une période riche en opportunités.
 
Parmis ceux-là, un entrepreneur Chinois Wen Wuhan, l'Oncle Wen. Terrorisé par l'arrivée au pouvoir des néo-communistes dans le Henan, Wen Wuhan revend précipitamment tous ses actifs et quitte la région en 2025. Il tente de s'installer dans les provinces côtières, mais les mégacorporations naissantes ont déjà commencé à s'installer dans la région et manipulent les gouvernements locaux pour garantir leur domination. En tout cas, c'est ainsi que l'oncle Wen voit les choses. Toutes ces expériences renforcent ses convictions anarco-capitalistes : les gouvernements sont nuisibles, le seul marché devrait tout réguler. Il tente de se lancer en politique mais s'il parvient à s'attirer le soutien de quelques autres grandes fortunes dans la tourmente, il ne parvient à aucun résultat probant. Fort de ses nouveaux soutiens, il décide alors de créer lui-même son paradis anarco-capitaliste. Il finit par se décider sur la province du Gansu, où il lui suffit d'une force armée suffisante pour s'arroger une petite ville en ruine. Il lance alors, en Mai 2032, une grande campagne de construction, mais aussi de communication, appelant les anarco-capitalistes du monde entier à le rejoindre. La "première pierre" est posée le 4 mai 2032, date encore célébrée par certains.
 
    C'est dans les grandes lignes l'histoire officielle. Beaucoup de gens voient plutôt dans l'entreprise de Wen Wuhan une fuite des mégacorporations et arguent qu'il aurait très bien pu fonder sa cité-état dans les provinces côtières où la confédération de Canton s'il n'avait pas cherché à sortir de l'emprise des corpos. C'est notamment la ligne défendue par les néo-anarchistes pour qui les mégacorporations ont une composante régulatrice tout aussi nuisible que celle d'un Etat. 
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Si l'idée vient de Wen Wuhan, la réussite vient sûrement de Ken Dalton. A l'époque, l'investisseur californien préssent les troubles à venir pour son état, et décide non seulement de rejoindre Wen Wuhan dans son entreprise mais de lui offrir ses talents de communiquant. Si vous connaissez ou si vous tombez un jour sur la propagande de Néo-Shangri-La (c'est notamment lui qui a lancé ce nom mais aussi popularisé celui d'Ancap Town) il y a des chances que ça vienne de lui. Ken transforme le projet en une aventure épique, une quête de liberté, la création d'un nouveau monde libéré des tourmentes de l'ancien. Un endroit pour recommencer à zéro dans les meilleures conditions. Il serait faux de dire que les populations issues de classes moyennes qui se sont alors rajoutées au projet croyaient véritablement à ces histoires. Beaucoup étaient plutôt des réfugiés économiques ou environnementaux pour qui la Ville était une option de relocalisation comme une autre. Mais je pense que le rêve de Dalton trouvait quand même en eux un certain accueil.
 
    Il faut dire aussi qu'une des réussites de Ken Dalton ça a été de faire croire à tout le monde que la Ville était déjà une réalité à l'époque où pratiquement tout était encore à construire.
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La Ville sort alors de terre, tandis que ses parcelles sont vendues aux enchères un peu partout. Le ton est donné dès le début : "vous avez une liberté totale sur votre parcelle". Les acquéreurs sont nombreux et assez diversifiés, et des boites commencent même à se monter pour proposer des packages à diverses clientèles, des entreprises en quête d'un lieu sans régulation aux communautés alternatives cherchant à échapper aux lois en passant par des familles à la recherche d'une nouvelle vie. 
 
L'entreprise ne se fait pas sans heurt : si les mercenaires de Wen Wuhan ont réussi sans trop de soucis à établir un périmètre, l'afflux de capitaux attire très vite l'attention des seigneurs de guerre locaux. Les convois sont attaqués, et plusieurs seigneurs de guerre commencent à décider unilatéralement que la Ville va se placer sous leur "protection". Les coûts de sécurité s'envolent, et l'oncle Wu craint que ses mercenaires ne cherchent à profiter de la situation. Heureusement pour lui, la première euroguerre a pris fin bien plus tôt que prévu, et le marché est alors innondé de mercenaires et d'armes. L'oncle Wen décide d'en profiter pour diversifier ses mercenaires et c'est ainsi qu'il fait la rencontre de Vladimir Kolmogorov, un jeune et charismatique marchand d'arme Russe au passé trouble. Au lieu de lui proposer un contrat classique, Vladimir lui propose une résolution à long terme de son problème. Peu de temps après, un convoi important destiné à la construction de la Ville se fait détourner par le "Général Cheng" le plus puissant des seigneurs de guerre locaux. En tout cas, c'est la version officielle. Plutôt que d'envoyer des mercenaires le récupérer, Wen Wuhan convoque les autres seigneurs de guerre. Il leur propose une alliance contre le Général. Les seigneurs de guerre y trouveraient leur compte en se débarassant de leur plus dangereux concurrent et la Ville gagnerait en sécurité. Derrière cette proposition, Wen Wuhan fait miroiter la possibilité de devenir le contractant principal pour la protection de la Ville. C'est pourquoi, lorsqu'il présente Kolmogorov et propose de couvrir les frais que les seigneurs de guerre auraient auprès du vendeur d'armes, ceux-ci refusent le soutien financier : tous veulent montrer qu'ils sont suffisamment puissants et qu'ils n'ont pas besoin d'aide. Il se lancent même dans une série grandissante d'achats afin de tenter d'éclipser leur rivaux. A la fin de la réunion, Kolmogorov a pratiquement vidé les caisses des seigneurs de guerre, qui se retrouvent très vite en possession d'une armada démesurée. Autant dire que le général Cheng n'a aucune chance. Son armée est détruite en un temps record, et la conquête son territoire devient alors l'objet d'une lutte entre des factions maintenant très lourdement armées. Le conflit qui s'ensuit sera aussi rapide que destructeur, mais laissera la Ville indemne. Les pertes sont coûteuses pour les seigneurs de guerre, qui doivent en plus faire face à des coûts de maintenance bien trop élevés et à des révoltes dans la population, excédée par la violence du conflit. Beaucoup bradent en vitesse leur matériel auprès de Kolmogorov, qui le reprend avec plaisir, et utilisent les bénéfices pour se lancer dans les affaires dans une Ville qui commence à décoller. En 2035, la région autour de la Ville est dévastée et les quelques groupes restants sont maintenant suffisamment faibles pour être maintenus à distance de la Ville et de ses affaires par la crainte des représailles. La situation perdurera ainsi jusqu'à aujourd'hui et la Ville a de noe jours peu à craindre de ses voisins, d'autant plus qu'elle peut être assurée du soutien de nombreux groupes fortunés en cas de tentative d'attaque. 
 
L'histoire de Komogorov et des anciens seigneurs de guerre ne s'arrête toutefois pas là, mais nous y reviendrons plus tard. Au final, la plupart des habitants de la Ville, pour la plupart des travailleurs sur les nombreux chantiers, ont été assez peu impactés par le conflit. Même à l'extérieur, la machine à propagande tournait à merveille et arrivait à présenter la Ville comme un havre de paix au milieu de cette zone de guerre. Les bâtiments sortaient de terre et préfiguraient déjà quelques-uns des futurs quartiers : Les Docks, forcément en place dès le début pour le trafic fluvial, la Fonderie était présente mais assez différente avec beaucoup d'usines construites à la va-vite pour transformer sur place des matériaux pour la construction. On peut en voir encore des restes dans le sud du quartier, si on apprécie le tourisme armé. Neo-City voyait le jour avec son centre ville commercial et rutilant et ses zones résidentielles elles aussi au top de ce qui se faisait à l'époque. Night City apparaissait aussi, mais de manière beaucoup plus informelle avec des préfabriqués ou des constructions de fortunes pour accueillir les travailleurs à la fin de leurs journées. Pas encore de L.A, enfin pas sous ce nom là, mais des travailleurs s'installaient déjà sur le plateau. A l'époque, on trouvait surtout des Chinois, mais là aussi c'est une autre histoire. Le développement de la rive Nord était plus timide, avec à peine quelques tours d'affaires en projet, mais déjà des villas faisaient leur apparition sur Mount Success.
 
    A noter que l'oncle Wen et ses potes s'étaient déjà mis d'accord pour réserver Mount Success aux riches. Ils s'étaient partagé une bonne partie des parcelles, et les prix étaient artificiellement gonflés.
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    2. La Ville laboratoire
 
Au fur et à mesure des anneés la Ville ressemblait de plus en plus à une ville. Les bâtiments se remplirent et d'autres bâtiments furent alors construits et ainsi de suite. Mais la Ville était quand même une ville à part. A l'époque, le surnom de "la ville laboratoire" revenait souvent, et il était largement mérité. La campagne de pub avait marché, faisant venir des gens d'horizons totalement différents : des corpos venus profiter de l'absence de régulation, certes, mais aussi des communautés alternatives comme le groupe féministo-environmentaliste des Filles des Gaïa, le Troll-land (on est encore à l'époque avant la Nuit de la Rage), quelques groupes transhumanistes cherchant à s'affranchir des lois bioéthiques mais aussi des sectes et des groupes un peu moins sympathiques (personne ne regrette le Nambland). Ceci dit, il faut être honnête et sortir de l'image erronnée que tout le monde se fait de cette période : la grosse majorité des arrivants restaient des gens, principalement des locaux, venus trouver du boulot ou un endroit où vivre en (relative) sécurité. Pour eux, l'absence de régulation n'était pas forcément un argument de vente, mais pour le coup le marché sut rapidement répondre à leurs problèmes. 
 
Sur cet aspect là aussi, la Ville de l'époque était un sacré laboratoire. On vit très tôt apparaitre des panneaux : "En pénétrant sur ce territoire vous vous engagez à...", des assurances pour tout et n'importe quoi, des packages "state-like"... C'est l'époque des excès dont tout le monde se souvient : la famille condamnée à payer le nettoyage de la voiture qui avait écrasé un de leurs membres, sous prétexte que le tribunal ne reconnaissait que les dégâts matériel, la petite rixe de bar qui dégénéra en combat de rues entre cinq agences de sécurité différentes. Mais si tous ces excès furent aussi médiatisés, c'est qu'ils restaient l'exception. Dans l'essentiel, la plupart des arrivants respectaient les lois et les usages de leur Etat d'origine, et beaucoup de quartiers se retrouvaient à embaucher une compagnie de sécurité et à imposer des règles de base pour que les habitants s'y sentent en sécurité et viennent s'y installer. 
 
A la différence de beaucoup de zones à faible régulation, la présence corporatiste n'était pas très importante et surtout assez peu tournée industries lourdes. L'explication tient sûrement au relatif isolement de la Ville, certes située sur la nouvelle route de la soie, mais loin de de la mer et des gros hubs de logistique. Au lieu de ça, les entreprises et corpos utilisaient elles aussi la Ville comme un laboratoire. Quelques laboratoires de recherche de pointe furent installés, dégagés des contraintes bioéthiques imposées par la plupart des Etats. D'autant plus que l'opinion publique internationale considérait globalement que "s'ils sont allés vivre là-bas c'est qu'ils acceptent le concept". Ceci permettait de faire des émissions télés extrêmes sans ternir son image, ou de tester des produits sur la population locale sans se faire taxer de néocolonialisme.
 
    3. La régulation criminelle
 
L'absence de régulation faisait craindre à beaucoup le pire au niveau criminel. La réalité fut plus complexe que ça. Certes, la ville devint rapidement une plaque tournante pour le trafic de nombreux biens et services illégaux partout ailleurs, mais ces business n'impactaient pas vraiment la vie au quotidien pour ceux qui n'y participaient pas. Des organisations criminelles y construisirent des laboratoires pour la R&D de drogues (on oublie souvent qu'ils furent les premiers à investir en masse dans ce qui devint les domes hydroponiques des Jardins qui nourissent aujourd'hui la Ville) et quelques ateliers pour la production d'armes, d'explosifs et de cyberware militaire mais tout ceci se faisait assez peu différemment de la manière dont les corporations installaient leurs propres usines. Il y avait même assez peu de conflits entre les différents groupes. A vrai dire, la plupart des installations étaient le fruit du travail de locaux recrutés par une organisation pour développer le business. Les quelques soldats envoyaient sur place se contentaient de suivre l'avancement du travail et de protéger les installations.
 
L'insécurité quotidienne était assez paradoxale : à l'annonce du projet, de nombreuses milices et entreprises de sécurité se ruèrent sur l'opportunité, si bien que le marché fut saturé. Chacun s'employa alors à s'imposer, proposant des mois de protection gratuites avec des patrouilles à chaque coins de rue, tant et si bien que l'insécurité venait plutôt des conflits entre ces milices que d'actes malveillants. Bien entendu, il restait toujours les quartiers défavorisés où des gangs et des mafias se formaient, pour la plupart importées de groupes déjà présents localement avant l'arrivée de la Ville. Mais ils n'étaient pas assez stupides pour tenter de s'opposer au milice, ni assez malins pour songer à les remplacer.
 
Le premier choc arriva avec les anciens seigneurs de guerre. Vous vous souvenez de quand j'ai dit que leur histoire ne s'arrêtait pas là ? Et bien voilà où elle reprend. Après avoir laissé derrière les restes de leurs armées, les seigneurs de guerre s'installèrent pour la plupart dans la Ville. Très vite, leurs vieilles habitudes reprirent le dessus et ils se mirent à monter des gangs violents et à s'imposer comme milices dans certains quartiers. Ils firent cependant rapidement face à la concurrence des sociétés de sécurité traditionelles. Plusieurs profitèrent de l'occasion pour proposer de "libérer" gratuitement des quartiers, en échange d'un contrat plus avantageux que le racket des seigneurs de guerre. Ces derniers décidèrent alors de changer de tactique et passèrent à la guérilla. Leurs hommes de main, et certains de leurs anciens soldats s'infiltrèrent un peu partout, sabotant les chantiers et faisant régner la terreur dans les quartiers qui refusaient de payer la protection, disparaissant avant que les milices ne puissent intervenir. Cette période fut à l'origine d'une profonde méfiance des expatriés envers les locaux. C'est à cette période que de plus en plus de chantiers firent venir des travailleurs d'autres régions, et notamment d'Afrique, lançant le mouvement qui mènera au Little Africa que l'on connait aujourd'hui.
 
    Le mouvement existait déjà, lancé par des Européens qui trouvaient plus facile d'exploiter des migrants Africains que des locaux qui avaient toujours la possibilité de repartir si les conditions ne leur convenait pas.
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Les seigneurs de guerre menaçaient à nouveau la Ville, et une fois de plus, ce fut Kolmogorov qui se chargea de résoudre le problème. A la tête de sa nouvelle société : Kolmogorov Global Businesses (KGB), l'ancien marchand d'arme annonça l'arrivée dans la ville de sa filiale de sécurité : Vory Security Services.
 
    Je suis toujours aussi fan de ce nom : "Voleurs Security Services".
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Dans son communiqué addressé aux différentes sociétés de sécurité, Kolmogorov fut direct : "Nous allons intervenir dans la ville dans les jours qui viennent, nous vous prévenons que nous ne reconnaitrons aucune autre autorité que la notre.". Il allia cependant le baton à la carotte en précisant qu'une fois l'intervention terminée, VSS ne ferait aucun démarchage auprès des clients des sociétés de sécurité. Pas étonnant : son objectif n'était pas de s'imposer comme milice, mais d'obtenir un monopole sur le racket des populations sans protections. Quelques jours après l'envoi de son message, Kolmogorov lançait l'opération. La légende veut qu'il utilisa des mortiers rachetés auprès des seigneurs de guerre pour détruire leurs villas. Ce qui est certain c'est qu'à la fin de la première journée, les seigneurs de guerre étaient morts. Le nettoyage continua ensuite pendant quelques jours. Les unités de VSS (pour la plupart des soldats du Vory et des mercenaires venus directement de Russie) débarquaient un peu partout dans la ville, semant la mort parmis les soutiens des seigneurs de guerre ainsi que tous les grands caids. La purge dura deux semaines et les troubles cessèrent aussitôt. Dans les mois qui suivirent, le KGB s'imposa en maitre dans tous les milieux hors protection et resta jusqu'à très récemment la seule véritable mafia de la Ville.
 
Tout ça nous mène jusque dans les années 2040. Neo City était bouillonnant d'activité, Night City prenant en partie le relais la nuit et la banlieue s'étendait de jour en jour. Le plateau devenait Little Africa, les Jardins grandissaient pour tenter de rendre la ville autosuffisante. Mais l'attention commençait à se tourner vers la Ville Nord où les enceintes des communautés alternatives laissaient peu à peu place à des emprises corporatistes, autour d'un centre commun qui allait bientôt devenir Europa. L'époque de la ville laboratoire prenait lentement fin. 
 
    4. La fin du début, et le début de la fin
 
 
Au cours des années 40, la Ville se mit à attirer de plus en plus l'attention des corpos. La proximité de certains ressources minières et la possibilité de développer et vendre des produits en cycles très court grace à l'absence de toute régulation permet le développement rapide de laboratoires de recherche de pointe, notamment dans des domaines tels que la nanotechnologie et le cyberware. Alors que l'attention Américaine porte plutôt sur l'Asie-Pacifique, les entreprises Européennes arrivent en masse. Mais si le personnel de pointe n'a aucun problème avec des déplacements temporaires pour la Ville, peu sont désireux de s'y installer. On est à l'époque où les policlubs se développent en Europe. L'un d'entre eux, formé principalement par des entrepreneurs présents ou désireux d'investir dans la Ville, décide d'acheter une grande parcelle au Nord de Neo-City. Son objectif : mettre en place un cadre pour accueillir les travailleurs temporaires. Europa, un quartier qui se veut recréer l'expérience d'une capitale européenne, jusque dans ses lois, voit le jour et grandit rapidement tandis que les laboratoires se multiplient tout autour.
 
Cette arrivée se fait au détriment de pas mal de communauté alternatives qui s'étaient lancées au début de la Ville. Certaines avaient déjà commencer à péricliter d'elles-mêmes, d'autres finissent par se dissoudre sous la pression des nouveaux acteurs qui ont bien envie de récupérer leurs parcelles ou de se débarasser d'une influence négative. Certaines d'entre elles quittent leurs parcelles pour se disséminer dans Neo-City et sa banlieue grandissante, ou à L.A pour les moins fortunés.
 
L'arrivée massive des capitaux européens et des travailleurs temporaire donne un coup de boost à l'économie de la Ville, mais en change profondément le visage. Le secteur tertiaire connaît un véritable boom tandis que le secondaire, autrefois très important, diminue rapidement. La population locale se fait difficilement à ce changement : la population diplômée voit les temporaires récupérer les postes les plus intéressants tandis que ceux qui travaillaient dans les secteurs primaires et secondaires voient l'activité se réduire alors que le rythme de construction de la Ville diminue. Ceci n'empêche pas certains de profiter de l'occasion pour monter des sociétés de service auprès des travailleurs temporaires dont certaines vont croitre très rapidement. Night City connaît alors un second souffle. Jusqu'alors, le quartier était essentiellement visité par des travailleurs relativement pauvres tandis que la population plus aisée préférait les clubs chics de Neo-City. L'arrivée des travailleurs temporaires change la donne. Des établissements haut-de-gamme voient le jour un peu partout le long du fleuve, proposant des loisirs parfois interdits dans les pays d'origine des temporaires. Bien souvent, c'est KGB qui est derrière. Et quand ce n'est pas le cas, il se rend vite maître de l'établissement par des manoeuvres aggressives. Ces opérations, ainsi que le comportement de certains clients désinhibé achève de donner au quartier sa réputation de lieu de débauche et de danger, mais le côté haut-de-gamme des établissements participe à l'enrober d'une touche de glamour.
 
Mais qui dit absence de régulation des laboratoires dit aussi absence de régulation de l'espionnage industriel ou du sabotage. Des entreprises rivales intègrent le concept très vite. Trop petites pour avoir leur propre activité d'espionnage, elles font plutôt appel à des sous-traitants. Toutefois, peu de sociétés de sécurité s'engagent sur le terrain : en vertu des accords que ces sociétés ont entre elles, elles seraient responsables devant un tribunal si un de leurs agents venait à se faire démasquer par une société rivale. Les clients se tournent alors vers des acteurs freelances. Le shadowrunning voit le jour dans la Ville. Au départ, les entreprises tentent de se protéger via des contrats avec des sociétés de sécurité. Les coûts s'envolent, et la plupart des acteurs décident alors de se mettre d'accord et de s'engager contractuellement à ne pas interférer sous peine de représailles. Organiser une run devient plus coûteux : il faut s'assurer qu'on ne remonte pas au commanditaire. La coopération entre les entreprises devient la norme, mais celles qui arrivent à utiliser judicieusement des runners de temps à autre réussissent à tirer leur épingle du jeu. Les runs deviennent donc moins fréquentes, mais aussi mieux payées. Les runners, anciennement des petites frappes, se professionalisent.  
 
Hors de ces excès, la Ville laboratoire s'est calmée. Certes, il y a toujours des nouveautés disponibles en avant première (si vous en acceptez les risques), mais au niveau social l'expérimentation est globalement terminée. Chacun a ses habitudes, les contrats et assurances sont rodées et les différents services ont appris à coexister. Le souffle de la nouveauté a perdu de sa force, tout comme les pubs de Ken Dalton ont fini par disparaitre. La routine prend le dessus. Les familles aisées quittent le centre de Néo-City pour s'installer dans les résidences fermées des banlieues, loin du tapage de Night City, sans pour autant être remplacée. Le centre se vide. Autrefois rutilant, il se fait vieux, mais personne n'est prêt à payer pour le rafraîchir. N'y restent que les grands bâtiments instiutionnels qui y avaient été bâtis : écoles, cliniques et centres commerciaux. Le quartier se retrouve principalement à accueillir les enfants et les jeunes pendant la journée. Les commerces locaux s'adaptent à cette nouvelle population, les étudiants profitent de la baisse des prix pour s'installer dans des appartements indépendants plutôt que de rester chez leurs parents. Le centre de Neo-City devient alors le terrain d'un mouvement de la jeunesse qui refuse de subir le sort de la génération précédente. L'état d'esprit est alors principalement de s'en sortir en construisant son propre futur, soit en travaillant et en s'imposant face aux corporations soit en instaurant un autre modèle de société. Des mouvements alternatifs chassés de leur territoire retrouvent vie. Mais en marge de ce mouvement global, certains jeunes se contentent de tourner le dos à la société et d'y vivre selon leurs propres règles. Beaucoup forment des groupes et zonent ensemble, parfois à moto. Des combats entre bandes éclatent, et finissent par devenir des habitudes et bien souvent à être codifiées. La culture "Délinquante" est née. Ce n'est alors qu'un phénomène minoritaire, et peu y portent attention. Pour beaucoup, ce n'est qu'une phase de la jeunesse. Et ils n'ont pas tort. Au bout de quelques années, les Délinquants, tout comme les autres jeunes finissent par rentrer dans le rang et rejoindre la société de leurs parents. 
 
    5. L'emballement
 
Les années 50 voient les tendances amorcées précédemment s'amplifier. 
 
Les mégacorporations commencent à investir rééllement dans la Ville. De nombreuses entreprises sont rachetées, d'autres doivent faire avec la concurrence de ces mastodontes, le marché se concentre. Le shadowrunning ne s'en porte que mieux. Les runners sont embauchés par tous les acteurs, pour des runs de plus en plus importantes. L'opposition se renforce, principalement du côté des mégacorporations qui ont les moyens de faire intervenir leurs troupes et la course à l'armement bat son plein. Les runners, plus rapides à s'adapter au nouveau matériel et aux nouvelles méthodes que les forces armées corporatistes, gardent toutefois toujours une longueur d'avance. Ils privilégient des approches qui leur permettent de jouer sur cet avantage : ils interviennent rapidement avec une grosse puissance de feu et partent avant que les troupes corporatistes ne puissent se déployer efficacement. Pour compliquer les enquêtes et éviter qu'on ne remonte à eux, ils prennent l'habitude d'impliquer le maximum d'acteurs. En raison de la complexité des contrats bilatéraux, les enquêteurs perdent énormément de temps à gérer chacun des acteurs, tandis que les assurances se renvoient la balle pour tenter d'obtenir compensation de dégâts collatéraux. Ces dégâts sont d'ailleurs de plus en plus importants, au fur et à mesure de la course à l'armement. Pour une partie de la population, ces destructions sont une sorte de vengeance contre les corporations qui ont petit à petit pris le contrôle de la Ville. Les runners deviennent alors des célébrités dans certains cercles.  
 
Il faut bien dire que pour la population locale, la situation ne s'est pas améliorée. Les temporaires sont devenus la norme et les enclaves sont de plus en plus coupées du reste de la Ville. Si Night City et Europa parviennent à tirer son épingle du jeu, l'activité de Neo-City se limite de plus en plus à subvenir aux besoins locaux et parfois fournir des services aux temporaires. Même la Fonderie périclite, tandis que les corpos installent leurs usines directement dans leurs enclaves. La population de L.A vit de plus en plus en cercle fermée mais peine à subsister de l'économie locale. Les mouvements alternatifs deviennent des mouvements contestataires.
 
Le changement est le plus visible au sein de la jeunesse : le mouvement des années 40s n'a eu au final que peu d'impacts. Des leaders se sont démarqués et ont pour certains intégré des corpos pour d'autres été nommé ici et là à des postes importants, mais pour le reste, ils ont fini par se résigner ou, pour une minorité, rejoindre un des mouvements alternatifs. Au fur et à mesure des années, la jeunesse change d'idéaux et de héros. Les runners, les truands de Night City et les Déliquants fascinent. Si le nombre de jeunes à virer déliquents n'augmente pas tant que ça, le mouvement devient de plus en plus populaire. Et contrairement à ce qui se faisait auparavent, ils sont de plus en plus nombreux à ne pas quitter ce mode de vie.
 
Seule petite exception dans ce climat morose : la jeunesse de L.A. Tout comme Neo-City quelques années auparavent, L.A voit se première génération d'enfants nés sur place atteindre l'adolescence voire pour certains l'âge adulte. Jusqu'ici, les communautés de L.A étaient regroupées en fonction de l'origine des habitants. Elles avaient gardé leurs cultures et leurs traditions. Mais la jeunesse s'est mélangée assez vite et ne se retrouve pas forcément totalement dans la culture de leurs parents. Inspiré par le style Afro-flash, qui prend alors de la popularité dans le monde extérieur, ils crééent leur propre identité, surnomée simplement "l'Afro". On en est alors encore à un mouvement purement culturel qui ne se préoccupe pas rééllement de politique et qui sera repris par certains habitants de la Ville, créant de nouveaux ponts entre L.A et Neo-City.      
 
Mais ce mouvement n'est qu'une petite bouffée de légereté dans une ambiance plus lourde. Runners, activistes, déliquants... à la fin des années 50, la violence semble monter de toutes part, quand bien même les statistiques ne confirment pas toujours cette impression. Des voix commencent à s'élever pour réclamer plus de sécurité, soutenues voire initiée par les sociétés de sécurité et des corporations qui voient le jeu des runner se retourner contre leurs intérêts ou qui craignent un soulèvement des activistes.
 
    6. Surenchère sécuritaire
 
Vers le début des années 60s, les initiatives sécuritaires sont de plus en plus nombreuses. Les sociétés de sécurité s'équipent de matériel militaire, des murs s'élèvent un peu partout, les résidences fermées se verrouillent. Ce n'est toutefois qu'en 2065 que tout bascule.
 
Depuis quelques années, les travaux sur les nanites, notamment dans la Ville, ont fait d'énormes progrès. En particulier, les nanites reprogrammables sont couplées avec un système d'intelligence artificielle distribué leur permettant de se reconfigurer d'elles-mêmes pour s'adapter à l'environnement. Ce concept va petit à petit s'imposer comme une véritable révolution dans la plupart des secteurs de pointe. Les modifications corporelles se voient avantageusement remplacées par des nanites à l'impact quasi nul sur l'essence et des performances parfois meilleures que celles de l'équivalent cyberware ou bioware, à plus forte raison lorsque le corps est traité pour en optimiser l'usage. Les decks peuvent reconfigurer leur matériel à la volée pour obtenir à chaque instant l'équivalent d'un processeur dédié au besoin courant... 
 
Certaines corpos testent ces technologies dans la Ville, notamment dans la course à l'armement face aux runners. Pour la communauté de runners, c'est un tournant. L'opposition reprend l'avantage, et de nombreux runners en font les frais pendant les premiers mois d'expérimentation. La technologie derrière ces nanites de nouvelle génération demande une infrastructure considérable et des mécanismes de protection de copie avancée compliquent d'autant plus les efforts pour les dupliquer en dehors des enclaves corporatistes. Reste la possibilité de passer par une corporation pour se fournir, mais ceci implique de se lier à vie à la corpo et de leur donner plus ou moins un accès assez complet à son corps ou son deck. Peu de runners sont près à le faire, nombreux sont ceux qui en font les frais. Pour ceux qui survivent, certains parviennent encore à s'en tirer grace à leur expérience, d'autres préfèrent se limiter aux runs les moins risquées, quitte à descendre leurs prétentions.
 
Si le monde du running est impacté dûrement par ces évolutions, le reste de la Ville en ressent assez peu les effets. Le vrai bouleversement arrive en 2064, lors du Crash 2.0. Comme toutes les grandes agglomérations, la Ville est touchée et la plupart des infrastructures sont mises à genoux. Délinquants et activistes y voient une opportunité à saisir, tout comme certains runners revanchards. La violence déferle dans les rues de la Ville, en particulier dans les enclaves corporatistes. Après deux jours et trois nuits de troubles, Petrsovksi Security débarque dans la Ville sous le nom de City Security Force. Cela faisait quelques mois que la corpo préparait une nouvelle police pour la Ville, et l'avait préparée à agir dans un environnement dégradé. La CSF intevient partout ou presque, principalement pour protéger les installations et la population, sans faire aucune victime, tout du moins officiellement. 
 
Une partie de la population acceuille la CSF avec enthousiasme. Au sein des corpos, les événements renforcent la position de celles qui, depuis quelques années déjà, réclamaient l'instauration d'une police globale. Elles décident alors de mettre en action leur plan et déclarent n'accepter de signer des contrats qu'avec des entités reconnaissant une force de sécurité unique comme police globale et impliquant la même contrainte à leurs partenaires. Le contrat de reconnaissance est assez complexe mais pour résumer, leur champ d'action se limite toutefois à deux choses : le "terrorisme" (dont la définition est suffisamment lâche pour couvrir beaucoup de choses) et le pouvoir d'enquêter librement sur une affaire (de "terrorisme" ou une affaire confiée par un client) impliquant des parcelles différentes. C'est un peu à l'échelle de la Ville ce que le FBI est à l'échelle des UCAS. Le tribunal est quant à lui au choix du client ou, dans le cas du terrorisme, séléctionné par appel d'offre auprès de tribunaux répondant à certains critères.
 Au vu des circonstances, la CSF est rapidement désignée comme la force de sécurité en question. L'accord remporte l'adhésion des corpos et des quartiers les plus riches. Les autres suivent rapidement, obligés de signer pour continuer de subsister. L'anarchie devient une minarchie.
 
 Pour la majorité de la population, l'impact de cette décision est assez faible. Certaines anarques ou traffics qui profitaient de failles dans les relations inter-parcelles sont combattues un peu plus efficacement, mais en dehors de ça, peu sont directement impactés par les intereventions de la CSF. Malgré tout, les forces de la CSF rassurent et diminuent le sentiement d'insécurité. Pour les runners, l'impact est beaucoup plus lourd. Les "stormtroopers" de la CSF sont tous nanités. Ils se déploient rapidement partout dans la Ville et peuvent poursuivre les poursuite et les enquêtes sans se soucier des contrats locaux. Non seulement les runners sont dépassés du point de vue matériel mais leur approche même ne fonctionne plus. Toute leur expérience devient quasiment inutile du jour au lendemain. De plus en plus de clients se tournent alors vers des runners extérieurs, la plupart nanités, dont l'approche est au contraire bien rodée pour ce genre de contexte. Certains runners ont refusé de se résigner, la plupart n'ont pas survécu. Les autres se sont retrouvés à se limiter à des opérations où le risque d'intervetion de la CSF est faible, agissant comme agents d'élite pour le KGB ou comme détectives privés. Ceux qui le pouvaient ont plus ou moins pris leur retraite ou lancé un autre business en fonction de leurs compétences et de leurs contacts.
 
 L'impact est tout aussi important pour les mouvements contestataires. De nombreux mouvements sont pris pour cible dans le cadre de la lutte "antiterroriste", soit en raison des actions commises dans les jours suivants le Crash, soit tout simplement parce que les corpos n'apprécient pas leurs actions. En gros, tout ce qui va à l'encontre du status-quo est combattu. Parfois directement, avec des arrestations, de la saisie de matériel. Parfois plus subtilement avec de l'intimidation ou de la guerre psychologique. Certains mouvements se transforment pour prendre une existence légale plus difficilement attaquable, souvent en lissant leur propos. D'autres deviennent plus clandestins, passant par la Matrice ou par des lieux plus difficiles d'atteinte pour la CSF. Beaucoup font en réalité les deux : une faction "modérée" d'un côté et un groupe clandestin de l'autre. Parfois toujours en relation, parfois en désaccord profond. A la surface, la contestation semble diminuer.
 
 Les Délinquants restent eux relativement protégés de la CSF. Tant qu'il n'y a pas de débordement en dehors de la sphère Délinquante, la CSF n'intervient pas. Les combats continuent d'avoir lieu comme prévu. Toutefois les leaders des quelques groupes qui commençaient à s'en prendre à la population ou aux installations sont vite arrêtés et jugés. 
 
 La deuxième moitié des années 60 semble donc voir la victoire des corpos. La Ville ne parait pas très différente d'autres cités-Etats tombés sous la domination corporatiste. Mais si la violence et la contestation sont maintenant moins visibles, elles n'en sont pas moins présentes. Et la Ville n'est pas encore au bout de ses surprises.
 
    7. Soubresauts
 
En 2068, la "purge" de la CSF touche à sa fin. Les seuls actes de violence qui font parler d'eux sont des troubles mineurs à Night City (ou la CSF tolère l'autorité du KGB et de VSS) ou à L.A (ou la CSF intervient assez peu), les combats entre groupes de Délinquants (qui n'attirent plus vraiment l'attention ni l'intérêt) et quelques actes isolés par des runners ou des activistes qui ne se sont pas encore faits au nouveau paradigme.
 
Tout ceci vole en éclat avec l'arrivée d'un gang de motards, les Bulgae. Mené par une elfe coréenne qui se fait appeler Chollima, le gang se met à attaquer des commerces dans Night City. Dans un premier temps, la CSF n'intervient que peu, considérant qu'il s'agit d'une affaire interne à Night City, que le KGB va régler. Non seulement les attaques ne cessent pas, mais les Bulgae se mettent à piller des usines de la Fonderie et à racketter des établissements un peu partout. Le gang ne fait passer aucun message, aucune revendication et il faut même attendre quelques semaines avant de connaitre le nom par lequel il se fait appeler, si bien qu'il est alors déjà connu sous un autre nom, attribué par les médias : les Banshees.
 
Deux ans plus tard, les Bulgae sont toujours là. Arrivant là où les algorithmes prédictifs ne les attendent pas et quittant les lieux avant que la CSF ou quiconque ne puisse intervenir. Il y a eu de nombreuses arrestations, plusieurs morts et blessés, mais le gang ne faiblit pas. Des nouvelles recrues remplacent les autres. Le gang n'a aucun territoire, aucun QG et semble totalement décentralisé, si ce n'est pour leur obéissance à Chollima. La leader est quant à elle une énigme : elle serait une Banshee ou un esprit libre, elle aurait, ou non, des liens avec le Jo-Pok. Elle serait une ancienne leader d'un gang de Délinquant, elle ne serait qu'une identité revêtue par différentes personnes... Les spéculations vont bon train mais rien n'a jamais été confirmé. Même le fait qu'elle soit elfe et coréenne est régulièrement remis en question, quoique ce sont les deux seuls éléments sur lesquels tous les témoins directs s'accordent.
 
Si certains groupes ont tenté de profiter du trouble semé par les Bulgae pour tenter de renverser le status quo, la CSF a été prompte à rappeler son efficacité. Parfois même un peu trop. Lors du moi de mai 69, la CSF rencontre son premier scandale suite à la mort d'un Délinquant de seize ans lors d'une intervention. La CSF n'en est pas à sa première victime, mais les précédentes faisaient partie de groupes marginaux ou étaient labellisés terroristes. Pour la première fois, la victime est ici un jeune d'une "famille normale". Dans un premier temps, la CSF tente de couvrir l'agent mais la vérité finit par éclater. La CSF décide toutefois de soutenir son agent, rejetant la faute sur les Délinquants. Si une certaine partie de la population partage cette opinion elle est loin de faire l'unanimité. Dès lors, la CSF sera vue avec de plus en plus de méfiance par certains habitants de la ville, et en particulier du Sud, et prendra auprès d'eux une réputation de "chiens d'attaque des corpos".
 
L'année 69 a vu aussi l'émergence d'une autre figure qui allait vite devenir un acteur majeur : Jata. Jata est un pur produit de L.A. Il fait partie de cette génération qui est née et a grandi sur le plateau. Lorsque le mouvement Afro apparait, Jata est déjà une figure montante du mouvement. Né de parents Wodaabe venus du Mali-Faso, Jata est un humain charismatique qui fut très vite repéré par des entreprises locales voulant tirer profit du mouvement naissant. Jata parvient alors à concilier les attentes des médias et le mouvement Afro original, utilisant sa position médiatique pour passer le message de LA mais lissant ce message suffisamment pour qu'il soit accepté et diffusé. La surprise est d'autant plus grande lorsque, deux albums et un film plus tard, Jata revient sur le devant de la scène avec un message bien plus aggressif. Pour lui, l'Afro ne peut plus se contenter d'être un mouvement culturel, l'Afro doit devenir un mouvement revendicatif, pour L.A mais pour le reste de la Ville aussi. Désormais trop populaire pour être écarté des médias du jour au lendemain, Jata parvient ainsi à faire retentir son message partout dans la Ville. Peu de temps après, la CSF tente de l'arrêter dans le cadre d'une enquête sur ses liens présumés avec un mouvement terroriste. Jata disparait alors de la circulation. Il est depuis insaisissable sans pour autant avoir abandonné la lutte. Devenu une sorte de héros pour une partie de la population de L.A et même plus généralement du Sud de la Ville, il apparait toujours lors des événements Afros sans que la CSF ne parvienne à lui mettre la main dessus. Beaucoup de rumeurs courent à son sujet et notamment sur le fait qu'il serait en réalité le pion d'un groupe plus ou moins occulte. Il est certain qu'il bénéficie d'une magie puissante, mais tout le reste n'est que conjecture.
 
    8. De nos jours
 
Et nous voilà aujourd'hui, en 2070, près de 40 ans après la fondation de la Ville. Neo-Shangri-La a bien changé. Personne n'ira nier que Neo-City a connu des jours meilleurs, mais les interprétations changeront grandement en fonction de votre interlocuteur. Il y a trois grosses catégories : ceux qui vous diront que les meilleurs l'ont emporté, ceux qui vous diront que les corpos ont faussé le jeu et ceux qui vont diront que c'est de la faute des fauteurs de trouble. 
 
En tout cas, le Nord domine maintenant clairement, vampirisant le Sud et ne recrachant de ses richesses que sur Night City, où elles finiront globlament dans les poches du KGB. Ca peut ressembler à n'importe quelle autre ville, mais c'est oublier une différence majeure : la population de la Ville a une culture d'autodétermination. Elle est habituée à choisir pour elle-même et elle est beaucoup moins formatée qu'ailleurs.
 
Alors où est-ce que tout ça va mener ? Deux camps s'opposent sur cette question. D'un côté ceux qui prévoient la révolte. Pour eux, la CSF n'est qu'une rustine qui va finir par lâcher. Pour eux, les Bulgae sont une première fuite. Tous ne s'accordent pas sur ce qui va suivre. Beaucoup s'imaginent une révolte populaire, mais même dans ce camp, peu y croient réellement. La majorité penche plutôt sur une "contre-attaque" du Sud qui ferait front commun aux corporations, menaçant de leur couper les infrastructures pour renégocier sur une nouvelle base, mais il existe d'autres variantes. De l'autre côté, on trouve ceux qui, au contraire, prévoient la résignation. Pour eux, la population du Sud a trop à perdre pour remettre en cause le status-quo. Ils imaginent soit une poursuite de la tendance, avec une disparaition des Bulgae et un retour au status-quo, soit tout simplement la marginalisation du Sud, au fur et à mesure que les enclaves corpos deviennent indépendantes et auto-suffisantes. Certains dans ce camp prévoient même le déclin d'Europa, alimentant une crainte déjà existante chez certains dans le quartier.
 
En tout cas, s'il y en a qui sont face à ce choix, ce sont les runners, les activistes et les délinquants. Les runners ne sont plus très nombreux. Les jobs non plus. L'arrivée des Bulgae a pu dynamiser un peu le secteur, mais les jobs corpos sont aujourd'hui pratiquement tous effectués par des extérieurs, les runners locaux étant, au mieux, utilisés pour appuyer une phase d'une opération. Si la tendance se poursuit, le marché ne pourra bientôt plus supporter les quelques runners restants. L'avenir des activistes dépend quant à lui de l'évolution de la population. Certains mouvements ont beau être assez bien implantés, ils ne parviendront à rien sans le soutien d'une grande partie de la population. Si la population se résigne, l'avenir de ces mouvements sera vite compromis. La situation des Déliquants est particulière : le mouvement n'a plus vraiment cette aura qu'il avait dans les années 50 mais ils sont toujours aussi nombreux à le rejoindre. En sortir est toutefois de plus en plus compliqué : les débouchés sont peu nombreux et peu attirants pour la population sans éducation supérieure dans son ensemble et c'est encore pire pour les anciens Délinquants. Mais pour ceux qui restent dans le mouvement, l'avenir n'est pas forcément brillant non plus. Difficile de s'établir dans des Ombres qui réduisent de jour en jour. Reste la possibilité de se faire exploiter par le KGB et servir de chair à canon face aux Bulgae ou de rejoindre les Bulgae. Certains ont tenté de former leur propre gang mais entre la concurrence des Bulgae et l'opposition de la CSF aucun n'a réussi à tenir longtemps.
 
En conséquence, ces trois milieux se mélangent et se confondent de plus en plus donnant un étrange cocktail. Entre le professionalisme des runners, la détermination des activistes et l'énergie des délinquants, le mélange a du potentiel. Suffisamment pour remettre en cause le status-quo ? Ca, seul l'avenir nous le dira. 

 

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Blade
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Géographie
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Plan (moche) de la ville
 
La Ville est construite autour du Fleuve Jaune, dans une cuvette entre le plateau au Sud et les montagnes au Nord. L'été est chaud et pluvieux, l'hiver est terriblement froid et sec. Ce serait vivable entre les deux sans la pollution. Mais comme on dit chez nous "ça pourrait être pire, ça pourrait être Lanzhou". 
 
Au Sud, on trouve : 
- Les docks : situé en aval du fleuve, la plupart du flux de marchandise passe par là, même si la route et le rail sont aussi employés. 
- La Fonderie : la zone industrielle s'étend au Sud et à l'Ouest des docks. C'est là que se trouve la centrale à fusion de Shiawase qui approvisionne une bonne partie de la Ville, ainsi que pratiquement toutes les industries, légères ou lourdes, à l'exception de celles des enclaves corpos du Nord. Au Sud de la Fonderie on trouve les vieilles usines désafectées qui servent de logement de fortune à certains groupes isolés, comme les communautés goules.
- Neo-City : L'ancien coeur de la Ville, Neo-City se découpe en trois parties. Au centre, la zone commerciale. Foisonnante d'activité dans le passée, elle subsiste essentiellement aujourd'hui grace aux écoles, hopitaux et autres services institutionnels qui y sont restés. La culture délinquante et la désaffection du quartier lui ont donné mauvaise réputation mais il reste tout à fait fréquentable. Il est encore relativement vivant le soir avec ses commerces nocturnes et ses rues bardées de néons qui arrivent toujours à rivaliser avec Night City. Autour de ce centre se trouvent les tours d'habitation de l'ancienne zone résidentielle, encore très densément peuplée, principalement par des familles de classe moyenne présentes depuis longtemps dans la Ville. Le troisième cercle est composé d'une zone résidentielle moins dense, découpée en mini quartiers couvrant une bonne partie du spectre des classes sociales.
- Night City: coincée entre la Fonderie et Neo-City, Night City semble entièrement pensée comme un point de passage pour les travailleurs rentrant de l'usine. Ce n'est pas entièrement faux, mais c'est aussi là où vont, quoique de moins en moins, les temporaires. Quartier de détente archétypal, Night City est globalement sous la coupe du KGB quoique les Banshees sont de plus en plus aggressives dans le quartiers.
- L.A : Little Africa, le regroupement d'habitations de bric et de broc construites sur le plateau au Sud-Est. Même si le sommet du plateau est principalement habité par des familles venues d'Afrique, les coteaux sont plutôt occupés par les premiers travailleurs chinois. On y trouve aussi des personnes d'autres nationalités, notamment de la région Indo-Pakistanaise ou de l'Asie du Sud-Est, mais il faut bien avouer que Little Africa n'usurpe pas son nom. A l'origine les habitants se regroupaient en fonction de leur peuple d'origine, mais avec le temps, et la croissance de la population de seconde génération qui a grandi sur place, une sorte de culture globale, fortement inspirée par le style Afroflash, y prend de plus en plus d'importance.
- Les carrières : on en trouve un peu partout dans les montagnes au Sud de la Ville. Il n'en reste qu'une poignée en activité.
 
Au Nord :
Le Nord est plus moins séparé par le Sud par les ponts, dont l'accès est maintenant règlementé par les stormtroopers. Il est toutefois possible de passer par un ferry. A une époque, le Parc était une bonne passoire, mais le récent mur Nord du parc a largement compliqué les choses. 
 
- Europa : Située en miroir de Neo-City, Europa a été construite pour ressembler au centre ville d'une capitale européenne. C'est ici que logent la plupart des temporaires, qu'ils trouvent la plupart des services dont ils peuvent avoir besoin et c'est aussi ici qu'ils travaillent si leur corpo n'a pas d'enclave locale. On y trouve aussi quelques résidents, principalement Japonais et Occidentaux, et pour la plupart issus de milieux aisés. Europa se prétend aussi le centre culturel de la Ville, et c'est sûrement vrai pour ceux qui n'osent pas mettre les pieds à L.A et pour qui la culture se limite aux musées et aux oeuvres classiques. Mais ce qui distingue surtout Europa des autres quartiers, c'est qu'il s'agit d'un quartier régulé par un gouvernement traditionnel.
 
    Europa n'est pas, comme beaucoup le pensent, une enclave dissimulée de Saeder-Krupp. C'est un véritable nid d'espions par contre. 
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- Les enclaves corpos : tout autour d'Europa s'étendent les enclaves corpos. Le nom est un peu un abus de langage puisqu'il s'agit simplement de propriétés corpos où, comme partout dans la ville, le propriétaire définit ses propres règles. Certaines vont être de véritables enclaves quasiment coupées du monde mais d'autres vont être de simples bureaux ou même des magasins ouverts à tous.
 
    Il y a toujours quelques communautés qui ont leur terrain au beau milieu de tout ça. Beaucoup ont revendu au moment où les prix flambaient et se sont réinstallées dans le Sud, voire ont disparu, mais certaines ont décidé de rester. La plupart n'ont pas de contrat avec les stormtroopers, ce qui les emmerde bien d'ailleurs.
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- Mount Success : La montagne Nord de la Ville accueille les villas des habitants les plus riches. On raconte que la montagne cache tout un tas d'excentricités, et on a sûrement raison.
 
A l'Ouest
- Le Parc : Situé de parts et d'autres du fleuve, le Parc est une anomalie dans la Ville. Tout vient d'une petite parcelle, située au Sud au centre du park actuel, qui appartenait alors aux filles de Gaïa, un mouvement féministo-environmentalisto-magique. Les Filles de Gaïa voulaient monter un projet de communauté autosuffisante vivant en harmonie avec la nature en employant la magie pour garder les avantages de la technologie sans les inconvénients. Elles firent pousser en un rien de temps une véritable forêt là où on ne trouvait auparavant que des herbes hautes. Cette transformation en se limita pas à la parcelle, et les terrains autours Il est difficile de savoir exactement ce qui fit disparaitre la communauté. Elle était déjà le centre de très nombreuses rumeurs à l'époque, et le temps n'a fait que les accroitre. Toujours est-il qu'à un certain moment, le bois des Filles de Gaïa se trouva abandonné. En l'absence de contrat de succession valable et sans héritier direct connu, le terrain fut remis aux enchères selon son contrat d'acquisition original. Une campagne fut montée pour financer un achat dans le but de conserver le terrain tel quel et en faire un parc. La campagne fut accueilli avec enthousiasme par une bonne partie des habitants de la Ville, mais le montant de la cagnotte était faible comparé à l'offre d'une corporation qui comptait bien récupérer des secrets magiques. Toutefois, face à l'opposition importante la corporation décida de faire un coup de communication en proposant de non seulement transformer la parcelle en parc public mais de l'étendre aux parcelles alentours et d'assurer la maintenance. Le Parc vit officiellement le jour peu après. Suite à divers rachats, il appartient désormais à Shiawase, mais il est resté plus ou moins le même depuis cette époque.
 
- Les Jardins : En remontant le fleuve au delà du Parc, on arrive dans les Jardins. Des cultures, la plupart sous dômes, qui approvisionnent la Ville avec différentes variété de "soja". C'est aussi là que différentes organisations considérées criminelles un peu partout dans le monde expérimentent sur des cultures d'opiacés.
 
    Il y a aussi des trucs un peu plus louches que ça, qui profitent du fait qu'on peut planquer beaucoup de choses sous un dôme, et que certains approvisionnements qui pourraient attirer l'attention dans un autre cadre passent à peu près inaperçus dans le cadre de cultures.
    >>>
 
Aux alentours :
A vrai dire, pas grand chose. Plus loin au Nord, ce sont les montagnes, assez peu peuplées sauf d'animaux étranges et probablement dangereux. Au Sud, c'est pas beacuoup mieux, et plus loin l'Est et à l'Ouest, ce sont juste des terres arides, où toute ressource intéressante a été pompée. On peut par moments y croiser la "Hork", la "horde" de motards ork qui sillonne le corridor et vit du pillage des convois passant par la route de la sociales, ou de la faune sauvage, parfois éveillée et dangereuse.
 
    En réalité, la Hork vit plutôt de la chasse. Le pillage c'est pour se procurer certaines ressources qu'ils peuvent difficilement acquérir autrement. La Hork a pas mal grossi au fil des ans et attire même des orks d'un peu partout dans le monde. Certains craignent qu'un leader ambitieux en prenne la tête. 
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    Il y a régulièrement des rumeurs que tel ou tel groupe dans la Ville serait de mèche avec la Hork. Certains font commerce avec, soit pour leur vendre des trucs soit pour leur commanditer un job, mais aucun lien plus profond n'a jamais été établi...
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Les lois et les ordres
 
"Combien faut-il d'habitants d'Ancap Town pour visser une ampoule ? Ca dépend de ton contrat."
 
Le fonctionnement de la Ville est l'objet de beaucoup d'incompréhension, y compris parfois par certains habitants. Voici donc un petit topo pour aider les nouveaux arrivants.
 
La base
 
On prétend bien souvent que la Ville n'est soumise à aucune loi, mais c'est un peu rapide. Tout le fonctionnement de la Ville repose malgré tout sur deux concepts de base : 
 
1. La culture anarco-capitaliste. La Ville a été fondée dans une optique anarco-capitaliste. Quand bien même il est tout à fait possible (et certains l'ont fait) d'y installer un système totalement différent dans sa parcelle, la Ville a le concept ancap assez profondément ancrées dans sa culture. Ce concept (pour résumer): tous les droits découlent de la propriété privée. Chaque individu est seul maitre de lui-même et, par extension, de tout ce qui lui appartient. Il est le seul à pouvoir, à sa discrétion, transférer tout ou partie de ses droits sur sa propriété privée.
2. Les contrats initiaux de propriété : La Ville s'est construite sur les parcelles mises en vente par l'Oncle Wen. Par exemple, le Fleuve Jaune n'a toutefois été l'objet d'aucun contrat de vente. Le fleuve n'appartient donc à personne, ce qui permet à n'importe qui d'y circuler. La construction de pont est, dans les usages, autorisé et le pont est la propriété du constructeur. Toutefois, il est admis que le pont ne doit pas entraver le fleuve ni la circulation dessus. Aussi, les contrats comprenaient notamment une clause "d'abandon" qui faisait revenir la parcelle à l'oncle Wen au cas où le propriétaire disparaissait sans laisser d'héritier désigné.
 
Tribunaux, contrats et assurances
 
Comme on l'a vu, l'individu a tous les droits sur sa propriété privée. Mais dès que deux propriétés privées sont en contact (par exemple une personne A se rend sur le terrain d'une personne B), des conflits peuvent émerger. Si quelqu'un rentre sur votre terrain alors que vous n'en avez pas envie, il porte atteinte à votre propriété privée. Mais si vous cherchez à le déloger en lui bottant le cul, vous pouvez vous retrouver à porter atteinte à son corps qui est sa propriété privée. Comme il n'y a aucune loi pour décider la chose, ni aucune police pour faire respecter la décision, la situation peut vite dégénérer. C'est pourquoi trois mécanismes sont courament utilisés, souvent conjointement pour gérer ces conflits : les tribunaux, les contrats et les assurances.
 
Les tribunaux sont des sociétés qui offrent des services de jugement de conflits. Lorsqu'un différend vous oppose à quelqu'un, vous pouvez décider, d'un commun accord, de le régler devant l'un des nombreux tribunaux de la Ville. Chaque tribunal a sa propre approche, certains appliquent des lois prédéfinies, d'autres ne font que du cas par cas. Certains sont largement automatisés (comme le Juge Electronique de Renraku, qui va automatiquement calculer les préjudices en fonction des informations fournies), d'autres vont laisser l'appréciation à un juge ou a un jury et d'autres encore vont appliquer des principes très particuliers (comme le tribunal du plus offrant ou certains tribunaux religieux qui appliquent le jugement divin). Certains tribunaux sont punitifs tandis que d'autres sont compensatoires. Certains vont pratiquer la peine de mort, la zombification ou l'héritage de la peine, etc. etc.
Beaucoup des tribunaux vont avoir un moyen d'imposer leur sentences, la plupart du temps via un service de police (mais parfois aussi par d'autres moyens comme des accords avec des établissements bancaires). Quasiment tous les tribunaux, même les tribunaux compensatoires, vont avoir une peine pour le refus de l'autorité du tribunal, et celle-ci est généralement assez élevée.
 
    Un des premiers tribunaux de la Ville avait sorti le concept de la déchéance de propriété privée : l'idée c'est que dans son contrat avec l'individu, le tribunal s'engage à respecter son droit à la propriété privée. En refusant l'autorité du tribunal, l'individu rompt le contrat et le tribunal n'a plus à lui reconnaitre de droits. Le concept a pas mal plu et, quelques années plus tard, a mené au concept de la zombification, où le coupable est placé sous personafix pour le reste de sa vie et employé comme "zombie" par le tribunal.
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    A noter quand même que la plupart des tribunaux offrent un moyen de contester l'autorité du tribunal dans les règles (souvent en faisant appel auprès d'un autre tribunal parmi une liste de tribunaux reconnus)
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Faire intervenir un tribunal peut être un processus lourd et complexe. Pour éviter de le faire, ou pour simplifier le traitement du différend lorsque le tribunal est impliqué, il est très courant de passer par des contrats.  
 
Les contrats permettent d'établir des règles, un peu comme les lois, sauf qu'au lieu d'être appliquées à tout le monde, elles ne sont appliquées qu'entre les personnes qui s'engagent sur le contrat. Autrement dit, les personnes qui "signent" (le contrat peut être écrit comme oral) un contrat acceptent de limiter certains de leurs droits à la propriété privée. Par exemple je peux proposer un contrat à la personne qui vient sur mon terrain dans lequel je lui concède la possibilité de venir sur mon terrain si en échange il me concède la possibilité de lui botter le cul s'il le fait. La plupart du temps, le contrat va définir un tribunal qui sera chargé de juger de son application. De même, la plupart du temps une force de police pourra être autorisée à assurer le respect des décisions du tribunal, voire de l'application de certaines clauses du contrat. Selon les concepts ancaps, le contrat ne peut être imposé. Il faut qu'il soit approuvé par toutes les parties. En pratique la frontière est assez floue, beaucoup de tribunaux considèreront qu'un contrat accepté avec un flingue sur la tempe ne vaut rien mais accepteront un contrat imposé lors de l'arrivée sur un lieu ("En entrant ici, vous acceptez..."). Qaunt aux contrats d'interaction ("En intéragissant avec moi vous acceptez le présent contrat..."), ça dépend largement du tribunal, du contrat et des circonstances. 
 
    Si la Ville a adopté la RA bien longtemps avant le reste du monde, c'est qu'elle permet assez facilement de transmettre les contrats un peu partout à la ronde.
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Les contrats sont aussi employés par les tribunaux eux-mêmes mais aussi par les différentes forces de police afin de gérer les situations où deux tribunaux ou deux forces de police entrent en conflit. Globalement, la plupart de ces institutitions s'engagent à respecter les décisions des autres, ou encadrent la contestation selon des règles précises. 
 
Toutefois, les contrats en font pas tout. Vous avez beau avoir un contrat qui impose aux gens qui rentrent chez vous de ne rien voler, si quelqu'un vole en votre absence, vous ne savez pas qui trainer devant le tribunal. De même, votre contrat qui stipule que si on vous attaque vous pouvez poursuivre votre attaquant en justice risque d'avoir peu d'intérêt au moment où vous vous faites attaquer. Une solution est alors de vous offrir les services d'enquête ou de protection d'une police (puis les services d'interpellation) mais la solution la plus courante est le système d'assurance.
 
Le principe de base des assurances est de se faire compenser financièrement dans le cas d'une mauvaise expérience. Dans de nombreux cas, il est plus intéressant pour l'assurance de réduire le risque que cette expérience vous arrive afin de lui éviter d'avoir à verser cette compensation. C'est pourquoi une assurance en sécurité personnelle qui a beaucoup de clients dans un quartier va y effectuer des patrouilles. Elle fournira aussi probablement aux adhérents un panic button pour faire intervenir ces agents en cas de problème, ainsi qu'un marqueur (la plupart du temps RA, mais des tags holos ou des accessoires de mode se font aussi) pour dissuader les aggresseurs. Si les assurances de sécurité personelle sont les plus courantes, il en existe pour tout et n'importe quoi et beaucoup sont proposées en packages pour couvrir un spectre assez large. Des exemples courants sont des assurances santé, des assurances contre la fraude (aucune loi n'est là pour vous protéger d'un faux médecin ou d'un restaurateur peu scrupuleux), etc.
 
Structuration
 
Dans de nombreux domaines, on finit souvent pas observer une certaine structuration des acteurs. Presque toujours, cette étape commence par l'établissement d'accords globaux entre les acteurs permettant leur coexistance. C'est ainsi que les tribunaux vont gloablement accepter de reconnaitre les jugements prononcés par d'autres tribunaux, sauf dans le cadre de procédure d'appel ou de recours, et même dans ce cas là tout est fait selon les accords. C'est aussi ainsi que les milices ne vont pas se taper dessus ou que les techniciens ne sabotent pas les câbles des concurrents quand ils effectuent une réparation... En tout cas en règle générale.
 
Ensuite, en fonction des domaines et/ou des lieux, la structuration peut prendre différentes formes :
 
- Concentration : Une poignée d'acteurs émerge du lot, soit parce qu'ils sont plus efficaces (que ce soit dans leur boulot ou juste en communication) soit parce qu'ils ont plus de moyens (notamment les gros acteurs corporatistes). Plus ils grandissent et plus ils deviennent incontournables et le phénomène s'auto-entretient. Au final, il n'existe qu'une poignée d'acteurs, qui vont parfois s'accorder plus ou moins officiellement pour se partager le marché (et profiter au maximum, au détriment des clients). Les approches privilégiées par ces acteurs s'imposent alors aux clients.
 
- Médiation : Neo-City doit beaucoup à NSC (Neo-City Services). Si la boite qui avait lancé, il y a bien longtemps, la première version de l'annuaire de service a disparu depuis longtemps, son produit existe toujours, sous une quantité de variantes mais qui suivent le même fonctionnement. Vous avez besoin de quelque chose ? Vous demandez à NSC et il vous propose un des nombreux acteurs qui peuvent vous aider, voire il en choisit un au hasard (ou pas, selon la version que vous avez). Ceci permet à quantité de petits acteurs de survivre encore aujourd'hui, et mène à une approche principalement centrée sur des contrats ad-hoc pour des prestations uniques.
 
    NCS est vraiment un OVNI : le système est bourré de failles que tout le monde essaye d'exploiter pour s'imposer, sans compter toutes les arnaqueurs qui profitent du fait que NSC n'offre absolument aucune assurance en cas de problème avec la prestation. Et pourtant, la plupart du temps, ça marche. Mieux vaut quand même apprendre à différencier les prestataires sérieux des arnaqueurs.
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    Il y a toujours du monde pour suggérer que le système expert derrière NCS a évolué en IA mais rien n'a jamais été prouvé. Ceci dit, le système est si bordélique qu'il est difficile d'appréhender tout son fonctionnement.
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- Package : L'individu passe par un intervenant, ou une poignée, qui lui fournit un package complet répondant à ses besoins, souvent sous la forme d'assurances. Celles-ci sont parfois basées sur le concept de médiation vu précédemment à la différence que le médiateur ne recense que les acteurs ayant signé un contrat garantissant certains critères, lui permettant de couvrir le client en cas de problème. C'est l'approche de beaucoup de temporaires et c'est ce qui fait le business de beaucoup de monde à Europa. 
 
    Certains Etats imposent même à leur ressortissant de prendre un package (parfois parmi une liste) en cas de séjour dans la Ville.
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- Imposition : Certains quartiers de la Ville imposent plus ou moins des contrats. Plus exactement ils accordent des droits (en premier lieu le droit d'être présent sur la propriété privée du quartier) et des garanties en échange de l'acceptation de contrats. Au final, ça revient un peu à un système de loi. Dans certains cas le propriétaire est unique, dans d'autres cas plusieurs propriétaires peuvent s'être mis d'accord (on retrouve beaucoup ça dans les résidences fermées de la banlieue de Neo-City), ou alors le quartier était propriétaire orginal et a vendu des parcelles en mettant le respect des lois du quartier dans le contrat de vente. Il y a aussi des cas où le "quartier" est une entité composée d'un regroupement de différents acteurs (voirie, propriétaires des canalisations/câbles/etc.) qui se sont mis d'accord pour ne fournir leurs services qu'à ceux qui acceptent un certain contrat. 
 
Dans tous ces quartiers, le non-respect des lois est différemment considéré. Certains vont autoriser mais exiger un paiement, ou n'accorder que des droits très restreint, d'autres vont interdire l'accès et recourir à la force pour expulser les contrevenants. 
 
- Historique ou culturelle : Certains coins de la Ville sont peuplées par des populations venant de la même origine et possédant la même culture. Ils ont l'habitude de faire affaire ensemble ou de résoudre leurs différends selon les traditions culturelles et fonctionnent toujours pareil. On trouve cette approche dans la plupart des coins de L.A mais aussi dans des quartiers Chinois ou Japonais. On pourrait même arguer qu'Europa n'est autre que l'équivalent occidental. Dans ce cas la structuration est souvent très rapide et naturelle, quoiqu'elle arrive parfois au bout d'une lutte interne entre différents acteurs.
 
TLDR
 
Un petit exemple de comment tout ça peut fonctionner :
- Les restaurants ne sont soumis à aucune obligation sanitaire et aucune institution ne viendra leur chercher des noises s'ils empoisonnent les gens. Pour limiter le risque, vous avez donc plusieurs options : 
1. Utiliser un service qui aura certifié le restaurant. Il en existe pas mal, plus ou moins exigeants (mention spéciale à "Joe J'en-suis-pas-mort" qui certifie les restaurants en échange d'un repas qui ne le tue pas), certains gratuits (donc souvent payés par le restaurant) d'autres payants (qui peuvent malgré tout être aussi payés par le restaurant, notamment pour les organismes de certification les plus prestigieux). Ces services peuvent être sous-tendus par des contrats entre l'organisme et le restaurant.
2. Passer par un contrat, le plus souvent proposé par le restaurant, qui permet un dédommagement en cas de soucis et/ou impose des règles d'hygiène au restaurant.
3. Avoir une assurance, qui couvre les éventuels problèmes si jamais vous allez dans un restaurant partenaire (qui sont donc à priori assez safe)
4. Si le restaurant est sur un terrain loué ou prêté, le propriétaire (par exemple le quartier ou le centre commercial où il se trouve) peut n'autoriser le restaurant à ouvrir qu'en échange de la signature d'un contrat garantissant le respect de certaines règles d'hygiène. Et quand bien même le restaurateur est propriétaire de son restaurant, le propriétaire du quartier peut aussi lui forcer la main en lui refusant toute utilisation des ressources du quartier tant qu'il n'a pas signé le contrat.
5. Aller dans le restaurant que vous connaissez bien, tenu par quelqu'un en qui vous avez confiance pour une raison ou une autre.
 
    Et la question habituelle : si je suis un runner/délinquant comment je fais ? Il n'y a pas de réponse toute faite, mais :
    - En fait de manière générale, vivre sans contrat ni assurance c'est un peu comme vivre en tant que SINless dans la plupart des barrens. Aucune loi ne sera là pour vous aider.
    - Par contre, culturellement, il y a pas mal de commerces, même dans les moins cleans, qui vont proposer des contrats. Beaucoup sont plus des arnaques qu'autre chose, certains sont corrects, mais au final il faut bien avouer qu'ils ne changent rien : si une des parties ne se montre pas digne de confiance elle risque d'y perdre les genoux (ou plus) que ce soit contractuel ou non.   
    - Evitez les packages et les assurances habituelles. La plupart du temps elles auront des clauses qui vous éjecteront. Par exemple pas mal d'assurance sécurité restreignent le port d'arme, ou peuvent être rompues par l'assureur s'il considère que vous avez trainé dans des activités non tolérées par la police d'assurance (qui couvrent pas mal de trucs de runners). C'est valable aussi pour pas mal de contrats, qui ont des clauses similaires.
    - En revanche, en fonction de la situation vous pouvez utiliser des services ou des contrats ad-hoc efficacement. Vous ne pourrez pas faire intervenir une milice pour vous défendre d'une autre, mais vous pouvez demander un enlèvement de déchets pour boucher une route ou pour vous infiltrer quelque part.
    - Vérifiez les "lois" des différents coins où vous vous rendez. Certains coins vous couvriront et vous permettront de faire un rendez-vous en ayant un service de sécurité plus ou moins gratuit, tandis que dans d'autres le service de sécu ne bougera que pour sauver leurs clients.
     - Dans la même veine, les accords entre les milices peuvent parfois vous porter secours. C'est moins vrai depuis que les stormtroopers peuvent faire leurs cowboy n'importe où, mais avant vous pouviez profiter du fait que certaines polices abandonnaient leurs poursuites ou n'ouvraient pas le feu dans certains quartiers, ou que les assurances allaient se renvoyer la balle pour éviter de payer la facture et que du coup personne ne mandaterait une enquête avant très très longtemps.
    - Que valent les contrats du KGB ? Le contrat de base n'est là que pour encader le racket et l'esclavage, mais les assurances VIP peuvent valoir le coup, si vous en avez les moyens. Attention toutefois, ils ne respecteront leur part du marché que tant qu'ils n'ont pas une possibilité qui rapporte mieux.
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    En fait c'est précisé dans le contrat. Perso j'adore leur service récent qui calcule en temps réel les dépenses engagées de leur côté et le coût estimé des dégâts collatéraux.
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    Si la plupart des contrats et assurances risquent effectivement de sauter à la première occasion pour un runner, vous pouvez très bien assurer vos proches ou même avoir une identité officielle assurée que vous séparez de votre identité de runner. C'est ce que font les jeunes, probablement en mirroir de ce qu'ils font avec des SINs dans les autres villes.
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shovan
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Last seen: Il y a 2 jours 10 heures
Joined: 30/08/2012 - 12:05
T'aurais pas une carte ?

T'aurais pas une carte ?

ou au moins un croquis ?

 

Parce là j'ai un peu de mal à tout placer sans prendre un crayon et un papier.

 

Je sais, la carte n'est pas le territoire !

Le seul bon humain est un humain mort. Et encore, généralement, il pue !

Blade
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Last seen: Il y a 1 jour 14 heures
Joined: 21/08/2012 - 10:32
Faut que je la fasse

Faut que je la fasse effectivement Mdr

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shovan
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Last seen: Il y a 2 jours 10 heures
Joined: 30/08/2012 - 12:05
Vouais, parce qu'il y a des

Vouais, parce qu'il y a des endroits, je voudrais bien voir comment cela se met les uns à côté des autres ...

Le seul bon humain est un humain mort. Et encore, généralement, il pue !

Jude
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Last seen: Il y a 14 heures 15 min
Joined: 21/08/2012 - 11:32
Comme Papa dans Maman...

Comme Papa dans Maman...

Dejaout

Et si c'était le moment?

L.

Blade
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Last seen: Il y a 1 jour 14 heures
Joined: 21/08/2012 - 10:32
J'ai mis à jour avec un plan

J'ai mis à jour avec un plan très moche mais qui permet de mieux placer les choses.

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shovan
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Last seen: Il y a 2 jours 10 heures
Joined: 30/08/2012 - 12:05
J'ai pas de plan, même pas de

J'ai pas de plan, même pas de lien sur mon renard de feu !

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Kromtiger
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Last seen: Il y a 7 heures 38 min
Joined: 01/09/2014 - 19:19
Je confirme, plus de plan

Je confirme, plus de plan visible.

Il l’etait pourtant encore hier

Blade
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Last seen: Il y a 1 jour 14 heures
Joined: 21/08/2012 - 10:32
Il est de retour, mais il

Il est de retour, mais il risque de redisparaitre régulièrement dans les jours à venir.

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Blade
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Last seen: Il y a 1 jour 14 heures
Joined: 21/08/2012 - 10:32
Et j'ai ajouté une version

Et j'ai ajouté une version courte de la partie histoire (la version longue n'est elle toujours pas complète)

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Blade
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Last seen: Il y a 1 jour 14 heures
Joined: 21/08/2012 - 10:32
J'ai aussi ajouté une

J'ai aussi ajouté une explication de comment ça fonctionne (ou pas) une ville anarco-capitaliste, sous la partie Géographie. Pour ceux qui veulent la version courte, l'exemple à la fin et les commentaires qui suivent permettent de se faire une idée rapide.

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Blade
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Last seen: Il y a 1 jour 14 heures
Joined: 21/08/2012 - 10:32
Mise à jour de la partie

Mise à jour de la partie histoire qui est maintenant complète. Il y a des incohérences dans les temps utilisés et probablement dans le ton aussi, mais le contenu y est et je doute avoir le temps de le retoucher. (Déjà que je suis pas certain que grand monde va lire le tout ;) )

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